Les dangers de la climatisation

La climatisation est en train de devenir un fléau pour le climat mondial

Pour poser le contexte, voici un chiffre évocateur : à l’horizon 2050, l’Agence internationale de l’énergie prévoit que 4 climatiseurs seront vendus chaque seconde, imaginez la quantité d’électricité alors consommée pour alimenter ces machines…
L’été ne saurait tarder, et le retour des fortes chaleurs, voire des journées caniculaires aussi. Rappelons qu’en 2017 la France avait été touchée par 4 épisodes de canicule… Dans certaines métropoles, les commerçants, tout comme les citadins, se munissent de climatiseurs plus ou moins bon marché. D’un côté, la température de l’espace de vie devient agréable, malgré le bruit redondant du climatiseur… Mais d’un autre côté, ces machines rejettent un air encore plus chaud, faisant encore grimper la chaleur des rues bétonnées déjà suffocantes. D’après le rapport Climat urbain du CNRS en 2010, on estime que sur la capitale française, ces rejets contribuent à l’augmentation de la température de 0.25° à 2°. Ces utilisations locales et généralisées à travers le monde peuvent à long terme avoir un impact néfaste sur le climat. L’Agence internationale de l’énergie prévient alors des effets du “cold crunch” autrement dit “le choc du froid” : refroidir les intérieurs réchaufferait encore plus les extérieurs… L’agence demande alors l’utilisation d’appareils moins énergivores.

3 pays concentrent 70% de la consommation.

Comme dit précédemment, la hausse de la vente de climatiseurs se traduit par  5.6 milliards de climatiseurs dans 30 ans, contre 1.6 à l’heure actuelle. Faith Birol directeur exécutif de l’agence s’exclame : «Sans intervention, la demande énergétique des climatiseurs va tripler d’ici à 2050 et équivaudra à la demande en électricité actuelle de la Chine».
De nos jours, les ventilateurs et climatiseurs représentent à eux seuls environ 20% de l’électricité totale consommée dans les bâtiments. Pour l’instant, 3 pays concentrent alors 70% de la consommation totale : Etats-unis, Japon et Chine. S’ajoutent à ces pays l’Inde et le Brésil, des pays au climat chaud et en forte croissance démographique et économique. Dans ce même rapport, il est rapporté que l’accès généralisé à un air tempéré aura toujours un impact sur la demande énergétique globale des pays concernés. Cette demande augmente alors la pression sur les systèmes de réseaux électriques et les émissions de gaz à effet de serre locales et planétaires.

Développer des climatiseurs moins énergivores… donc plus efficaces

Selon l’AIE, la priorité serait de s’assurer que les nouveaux climatiseurs soient plus efficaces en termes de consommation d’énergie. Ce contrôle permettrait déjà de diviser par 2 la croissance des besoins énergétiques en rapport avec l’air conditionné. Néanmoins tous les appareils ne se valent pas : ceux vendus en UE et au Japon s’avèrent 25% plus efficaces que ceux commercialisés en Chine ou au USA.
L’agence de l’environnement française et de la maîtrise de l’énergie a récompensé en 2015 différents projets actifs sur la climatisation du futur dans le but de faire émerger des solutions économes en énergies utilisant des fluides à faible impact de réchauffement global.
Pour résumer, améliorer l’efficacité énergétique des bâtiments permettrait de stabiliser la demande énergétique mondiale pour les besoins en climatisation sans limiter l’accès des pays émergents à ce confort… L’enjeux est de taille mais des ressources existent pour y parvenir.



D’après l’article de Vincent Bordenave et AFP Agence
pour Le Figaro, le 15 mai 2018
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