Architecture blanche dans l'histoire

Pourquoi l’Architecture moderne
est-elle blanche ?

Dans cette exposition, au pavillon de l’arsenal Philippe Rahm, docteur en architecture, révèle une histoire inédite qui met en perspective les découvertes scientifiques, les innovations techniques, les phénomènes météorologiques et épidémiques avec la forme des villes, des bâtiments et l’aménagement territorial.

Les architectes modernes s’inspirent de la structure et des vertus des sanatoriums du XX siècle, bâtiments spécialisés dans le traitement de diverses maladies pulmonaires comme la tuberculose. Ces vastes structures sont souvent composées de grandes baies vitrées, de vastes espaces aérés et de solariums pour laisser entrer la lumière, les courants d’air et chasser les potentielles bactéries.
En plus de cette structure atypique, ces bâtiments sont peints en blanc pour des raisons également liées à l’hygiène.
Le lait de chaux de couleur naturellement blanche, est reconnu depuis le début du XIX°s, d’une part pour être un efficace antiseptique, détruisant les bactéries qui se logent dans les parois du bâtiment. Et d’autre part, pour la capacité de la couleur blanche à réfracter les rayons du soleil que l’on croit bactéricides en particulier pour le microbe de la tuberculose.

Aujourd’hui une tendance renaît : l’intérêt se tourne vers la lumière naturelle étant elle-même une énergie gratuite, en abondance, pouvant chauffer les maisons en hiver grâce à un principe d’inertie. La conséquence est donc la réduction de l’utilisation du chauffage à l’intérieur des logements et donc la diminution des émissions de CO2.
En complément de ce principe, on note que l’humain et son cycle biologique sont synchronisés la journée sur le spectre de la lumière solaire.

Pour finir, concernant la couleur blanche en elle même, elle est de plus en plus valorisée non pas pour des raisons sanitaires ou hygiéniques mais en vertu d’un principe physique :
“Le principe de l’albédo : plus la couleur d’un matériau est claire, plus celui-ci réfléchit la lumière et moins il chauffe, préservant les bâtiments et la ville des surchauffes estivales.”

Un constat historique qui montre que nous pouvons faire confiance à ces principes déjà appliqués il y a plus d’un siècle.

D’après l’article de Philippe RAHM
pour l’exposition « Histoire naturelle de l’architecture » au Pavillon de l’Arsenal
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